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Communiqué de presse

INTERVIEW EXCLUSIVE J+1

Fabrice Olszewski - le traducteur de Marcelo Bielsa

Dans une interview en longueur diffusée ce lundi soir, Fabrice Olszewski, traducteur de Marcelo Bielsa lors de son passage à l'OM, est revenu en exclusivité pour J+1 sur cette période riche en rebondissement.

En voici quelques extraits marquants :


Sa première conférence de presse avec l’OM

« En fait je ne faisais pas les conférences. Lors du deuxième match c’est Franck Passi qui la fait, je monte à l’étage avec Aloé, 19ème joueur, on s’assoit dans un salon VIP, l’hôtesse me dit : « qu’est ce que vous voulez boire ? ». Aloé dit : « un coca » et moi « c’est possible un whisky coca ? ». Elle me dit oui bien sur. Je regarde le match, à chaque fois que je vidais mon verre elle me le remplissait… On fait match nul c’est tendu, je descends au vestiaire et là l’attaché de presse me dit : ‘Fabrice c’est toi qui fait la conférence de presse’. Ouah (sic), je dis ‘je suis complètement bourré, ça craint’ ! J’arrive je traduis bien, mais c’est une 1ère conf, je regarde les journalistes, et puis là, blanc! Qu’est ce qu’il a dit, c’est quoi la réponse… Si vous reprenez la 1ère conférence de presse, si vous regardez ce que je dis, c’est pas vraiment ce qu’avait dit le coach. »


Quelles impressions de ces conférences de presse lui reste t il?

« J’ai été déçu par les conférences de presse. Ils (les journalistes) cherchaient plus le buzz que parler football. Je soufflais parce qu’en traduisant certaines questions, je me rendais compte que c’était une question de ‘merde’. »

 

Arrive la conférence de presse où il s’en prend à Labrune. Tu vois le coup venir ?

« Oui. Le coup je l’ai vu venir… On voyait bien que le mercato ne se passait pas comme on voulait. J’ai averti le président : ‘vous savez, le coach n’est pas très content’.  (…) Il me dit : ‘t’inquiètes pas Fabrice, moi j’ai l’habitude des situations comme ça’. Dans le staff technique, tout le monde savait que ça allait péter. (…) Une des réunions avant que ça pète, je voyais bien ce que disait le coach, ce que disait le Président, et un moment j’ai dit ‘attendez, ce n’est pas ce qu’il essaie de dire’ .. Le coach m’a dit ‘toi tu te tais, tu traduis seulement’. »


Les discussions avec les joueurs et le poste de directeur sportif:

« Le coach était énervé, il trouvait que les discussions avec les joueurs n’allaient pas assez vite. Je lui dis ‘c’est normal, c’est le président qui fait ça et il n’a pas que cela à gérer, il manque un directeur sportif dans l’organigramme’. Il me dit : ‘tu as raison Fabrice’. Arrivé à l’hôtel, il me demande : ‘tu ne veux pas devenir le directeur sportif ?’ Là j’ai éclaté de rire. Ce n’était pas possible. »


Les rapports des joueurs avec Bielsa:

« Les joueurs m’ont tous demandé : ‘c’est quand que le coach commence les entretiens individuels ?’ Et là j’ai dit ‘putain on est pas dans la merde’ parce que lui il fonctionne pas comme ça du tout. Il n’allait pas justifier sa décision auprès d’un joueur. »


Ses accrochages avec Bielsa

« Lors d’un entrainement je lui ai dit qu’il abusait de son pouvoir, tout de suite il est parti dans les tours, moi aussi. Il redescend et moi aussi, et me dit on va régler ça en se promenant par une discussion. Je pensais qu’il voulait parler, on arrive en haut et là il me dit ‘allez on va régler çà à coups de poings parce que c’est la seule manière de régler ça’, j’explose de rire et je m’en vais. Il s’est excusé après, moi aussi, on a réglé ça très facilement. C’est une personne gentille avec un bon font, mais après il se laisse enfermer dans son personnage. (…) Moi je lui ai dit : je vous compare à Van Gogh. Vous êtes un génie, au niveau du foot vous êtes comme Van Gogh mais au niveau relation humaines c’est un peu plus compliqué. Il avait trouvé la comparaison flatteuse pour lui.


Tu le voyais partir? 

« Moi oui, je savais qu’il partirait. On ne pouvait pas continuer comme ça. (…) Un jour énervé il disait ‘je n’aurais pas du signer dans ce club’. (…) Parce qu’il a des joueurs qu’il voulait garder impérativement et qui sont partis… Morel, Fanni, Payet. Ces trois-là… Ils voulaient les garder. »